Climat , réchauffement et urbanisme- préparer les villes et bourgs à des périodes longues de canicule- août 2019

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 Urbanisme et réchauffement climatique

 Un débat à la radio en août 2019.

Des débats qui ont dû se tenir lors des préparations des Plans Climat Energie territoriaux (PCAET)-

Des actions immédiates à mener dans les communes-

Des conséquences à intégrer dans les PLU.

 Participaient à ce débat radiophonique:

: Sébastien Maire (Délégué Général à la Transition Ecologique et à la Résilience, Ville de Paris),

Rudy Ricciotti (architecte) et un paysagiste.

 Comment aménager la ville de demain pour que les vagues de chaleur qui vont se produire

soient mieux supportables pour ses habitants ?

 Quelques uns des propos tenus.

 Il est certain que nous allons connaitre en France de grosses canicules qui dureront plusieurs mois et pourront s’étaler sur quatre mois, de juin à septembre.

 Sébastien Maire «  Les chiffres parlent d’eux-mêmes : quand, aujourd’hui, on ne compte que 1 à 2 jours de canicule à Paris par an, ce seront plus de 30 jours de canicule en 2100, avec des températures qui pourront atteindre 55 degrés à l’ombre dès 2050. Dans ces conditions, un été comme celui de 2003 sera considéré comme un été « frais », avec les conséquences que l’on connaît sur les populations les plus fragiles, et sur la qualité de vie.

 Il faut donc repenser l’aménagement de la ville en profondeur pour la rendre plus fraîche en créant des îlots de fraicheur, en la végétalisant…, en repensant la place de l’eau, en changeant nos modes et matériaux de construction, en dé-bitumant, etc. ».

 Remarques :

  Paris est dans une zone française de climat tempéré, dit océanique.

Les zones soumises au climat continental seront encore davantage concernées.

 Les zones rurales viticoles ont supprimé arbres et haies pour capter le maximum d’ensoleillement. Les petites routes ne sont pas bordées d’arbres. Les centres des villages déjà denses, qui se densifient encore, doivent conserver leurs parcs, jardins, espaces verts et en créer de nouveaux.

 

Augmenter et adapter la végétation

 Toutes les villes plantent des arbres. Les arbres des espaces publics s’ajoutent aux jardins privés. Attention à la surdensité des constructions, toujours nuisible : les arbres ont besoin d’espace.

 Ces arbres ne feront de l’ombre que dans 20 ans. D’ici là le climat aura changé.

 Le choix des espèces:

Il faut donc choisir des espèces qui soient bien adaptées pour supporter la chaleur, la sécheresse et qui consomment peu d’eau. Les végétaux qu’on plante doivent être compatibles avec le climat d’aujourd’hui et avec celui de demain. Bientôt on trouvera dans les villes et villages des essences considérées aujourd’hui comme exotiques.

 Dans les forêts, les forestiers revoient leur palette végétale pour l’adapter.

 Privilégier les feuillus qui apportent davantage de fraicheur mais certains sont sensibles à la sécheresse.

 Les façades et les toitures végétalisées : c’est de la communication.

Elles ne tiennent pas lors d’un épisode de canicule. Il faudrait énormément d’eau et justement l’eau, c’est le principal problème du futur.

 Les arbres des espaces publics : investir tous les espaces et les abords des routes et autoroutes. Aux Etats-Unis, les autoroutes circulent dans des forêts plantées volontairement lors de la construction de l’autoroute.

 Typologie des jardins : avoir la place de planter des arbres. Garder les arbres qui y sont, en planter de nouveaux. Remplacer ceux qui sont en fin de vie.

 

Les sols et matériaux de construction

 Les sols imperméabilisés, asphaltes, bétons…particulièrement les sols sombres, absorbent la chaleur le jour et ont un rôle de radiateur. Ils restituent la chaleur la nuit.

 Il faut des sols clairs et perméables, des pavés enherbés, des bétons avec des joints poreux et filtrants, des espaces enherbés.

 Des exemples :

  • les voies des tramways qui circulent sur des m2 d’herbe depuis des années.
  •  Créer des forêts urbaines, des îlots de fraicheur  partout.

 A Paris opération « cours d’écoles (OASIS) »: 70 ha de cours d’école transformées et plantées seront ouvertes à tous pendant les périodes de vacances.

 «  Remplacement des surfaces asphaltées par des matériaux innovants, clairs et perméables, création de zones de pleine terre, renforcement de la végétalisation, jardins et potagers pédagogiques, création d’ombre, ou encore installation de fontaines et jeux d’eau. Les projets sont co-conçus avec les communautés éducatives et en particulier les enfants qui bénéficient d’ateliers de sensibilisation à l’enjeu climatique. Si l’objectif premier est de leur offrir de meilleures conditions d’éducation, ce projet vise aussi à créer à terme des centaines d’îlots de fraicheur d’ultra-proximité, qui puissent accueillir en dehors des temps scolaires les personnes vulnérables pendant les canicules, et plus globalement être ouvertes aux associations et habitants du quartier le week-end et pendant les vacances pour offrir de nouveaux lieux de rencontre et de lien social, dans une ville très dense qui en manque cruellement.

  Après 3 premières cours livrées en 2018, 30 nouvelles cours d’écoles et de collège OASIS seront  livrées à la rentrée prochaine, l’objectif étant d’en avoir converti la totalité en 2040. En 2019, nous livrerons également une première « rue résiliente », conçue selon la même logique, qui peut s’appliquer à toutes les infrastructures. »

 Calendrier:  Il faut penser en même temps au très court terme (les canicules de l’été qui vient) et à moyen et long terme. Les Plans Climat Air Energie Territorial (PCAET) doivent prévoir des étapes : des premiers objectifs, très ambitieux, pour 2030 ; et une trajectoire qui devra l’être encore plus entre 2030 et 2050.

 

La participation nécessaire des citoyens et de la société

 Chacun doit participer à son niveau, faire des efforts de bonne gestion et d’économie.

  • La climatisation est une catastrophe : elle consomme énormément et elle rejette la chaleur dans les rues.
  • Les cinémas, les grandes surfaces qui climatisent à 14° : excès. Quelques degrés de moins par rapport à la température extérieure, suffiraient.
  • Des moyens techniques seraient à chercher-  Rejeter la chaleur dans les sols ?
  •  Comment empêcher les gens de s’équiper individuellement en climatiseurs et de rejeter leur chaleur sur la voie publique?

Au moins ne pas le favoriser, introduire des règles, des restrictions, récupération de la chaleur émise ?

Marie-France Rochard

 Voir aussi le site:

https://www.greensoluce.com/rencontre-avec-sebastien-maire-delegue-general-a-la-transition-ecologique-et-a-la-resilience-ville-de-paris3638/

 Les textes entre guillemets et italique sont extraits d'une interview de Sébastien Maire Par Greensoluce-

Propos récoltés et retranscris par Constance Flachaire et Pierre Rostan pour Chroniques UrbainesTM  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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