Patrimoine: sites gallo-romains à Saint-Laurent-d'Oingt- ce week-end : 20 et 21 octobre 2012 - prolongation exceptionnelle de l'exposition - de 14h à 17 h - Renée Dupoiza t: présentation des objets découverts à Saint-Laurent d'Oingt sur trois sites gallo-romains -    voir l'affiche 

 TROIS  SITES  GALLO-ROMAINS  DECOUVERTS  A  St LAURENT D’OINGT- 

« A vue d’œil »

          La  prospection est une méthode archéologique essentielle au repérage des sites et à une première approche de leur identification et de leur datation.

Elle consiste dans le ramassage du matériel archéologique repéré sur le sol nu et diffère

radicalement de la fouille puisqu’il n’est question ici, ni de « gratter » ni de «creuser» ni de «dégager» la terre. (C’est d’ailleurs strictement interdit par la loi)

          Avec la prospection, le sol ne livre que des objets brisés et déplacés par les travaux agricoles et l’érosion. Ces pauvres témoins sont cependant précieux. Ils permettent aux archéologues  d’identifier les objets dont ils sont les vestiges.

 Les deux marqueurs infaillibles du gallo-romain (Période qui s’étend chez nous du Ier siècle  avant J.C. au 5ème siècle) sont les grandes tuiles plates à bord droit –en latin : « tegulae» – et la céramique fine rouge dite « sigillée » Leur présence atteste à coup sûr l’existence d’un site gallo-romain, ce qui laisse supposer que les autres tessons de céramique commune sont de même origine (ce qu’il faut vérifier pièce par pièce car des apports plus récents ont pu avoir lieu.)        

         Pour la céramique qui représente la très grande majorité du matériel récolté, les archéologues peuvent, grâce à la forme des bords et à l’observation des pâtes, identifier le type d’objet : pot, jatte, coupe, bol, amphore etc… Dans certains cas, ils peuvent aussi en dire la provenance et déterminer une fourchette chronologique plus ou moins précise.

 Trois lieux d’implantation d’habitat rural

         A St Laurent d’Oingt, les prospections ont permis d’identifier trois sites, qui ont ensemble des points communs :

  • Le passage  dans les mêmes lieux, à une époque très antérieure,  d’hommes utilisant des outils en silex taillé. C’est pourquoi vous verrez dans les vitrines, des  nucléus, des lames, des racloirs et même une pointe de flèche, de l’époque de l’âge du cuivre (Chalcolithique environ moins 2000 ans av. J.C. )
  •    La présence de tegulae qui atteste d’un bâti « à la romaine » sur les trois sites (couverture en tuiles de bâtiments en bois et pisé sur solin de pierre).
  •  Chaque habitat possédait une meule en pierre de lave pour moudre le grain (fragments dans les trois vitrines)
  •    Chaque site a livré une quantité importante de tessons de céramique commune grise (ustensiles de cuisson : pot et marmite) et de céramique commune rouge (transport, stockage et  transformation des aliments : amphore, pichet, pot, plat etc…)n   Les trois sites ont livré aussi leur lot de vaisselle de table en céramique fine (sigillée et luisante) et en verre. Des ateliers de production ont été identifiés : Lezoux (Puy de Dôme), Portout (Savoie), Val de Sâone (Rhône). 

 Mais des différences entre les sites ont pu aussi être mises en évidence :

  •    Le site 1 - le plus riche en matériel -  est le seul à avoir fourni d’autres matériaux de construction que des tuiles : tuileau, « tubuli» (conduits d’air chaud), marbre et tesselles de mosaïque de trois couleurs.

Ces matériaux semblent  ceux d’une villa cossue, occupée (peut-être de façon discontinue) entre le 3ème et le 5 ème siècle, mais des tessons datables du 1ers ap. J.C sont présents en petit nombre sur le site, laissant penser à une implantation  plus précoce.

  •    Le site 2, plus soumis à l’érosion, a livré une quantité de matériel moindre, mais des pièces très intéressantes comme le fragment de broche à tisser en os décoré d’incision sur les deux faces.

Ce site est celui d’un habitat rural dont le matériel récolté indique une implantation de l’antiquité tardive certaine,  mais  il y a ici, des indices d’une occupation plus précoce

(rien, cependant, qui daterait de la période qui précède la conquête romain.

  • Le site 3, qui a livré une grande quantité de céramiques communes grises,  est le site qui présente la fourchette chronologique la plus large: de l’époque de la Tène finale à l’époque médiévale. 

 

Exposition organisée à l’occasion des Journées européennes du patrimoine les 15 et 16 septembre 2012

et prolongée les 20 et 21 octobre 2012

Patrimoine caché…  révélé !

 Pour aboutir à cette  exposition, et à la connaissance (encore imparfaite !) de ces sites, il a fallu conjuguer de nombreux talents : ceux de Gilles Gutty qui a découvert les sites, de Hubert Besacier qui les a prospectés avec le plus de constance, d’Elise Cellard , céramologue,  qui a dessiné les tessons, et de Renée Dupoizat , conseillère municipale chargée du patrimoine, qui les a accompagnés.

      Nous avons reçu  le soutien précieux d’archéologues professionnels : Michel Royer, ingénieur au service archéologique de la DRAC de Lyon, Cécile Batigne Vallet,  et Cécile Brun, céramologues travaillant au  CNRS respectivement chercheur et ingénieur, et  Jean-Claude Béal, de l’Université de Lyon II.  Nous les remercions  et allons poursuivre avec eux un travail d’approfondissement de la connaissance des sites découverts, une prospection élargie   pour la découverte de nouveaux sites, et pour, finalement, une meilleure connaissance de l’archéologie  antique du « Pays des Pierres Dorées ».

      Si ce projet vous intéresse, ou si vous avez repéré au cours de vos promenades ou de votre travail, des objets semblables à ceux exposés ici,  contactez Renée Dupoizat  ( Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ).

 

Exposition :   A la chapelle du Mont joli


69620 Saint-Laurent-d’Oingt - Tél. : 04 74 71 21 74


Les vitrines ont été conçues et réalisées par Hubert Besacier et Jeanne Rivoire. Texte : Renée Dupoizat

            

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